Affaire Berry, inceste, séparatisme : ce qu’il faut retenir de l’interview d’Eric Dupond-Moretti

Ministre de la Justice

Le ministre de la Justice était invité dans la matinale de France info vendredi 5 février à 8h30. Eric Dupond-Moretti a déploré le tribunal médiatique et populaire dans l’affaire Richard Berry.

L’acteur Richard Berry est accusé d’inceste par sa fille, Coline Berry-Rojtman. Une plainte a été déposée le 25 janvier et l’enquête préliminaire a été ouverte. “La parole qui se libère c’est extraordinairement important. Mais la justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux, dans la rue ou sur les plateaux de télévision“, a réagit Eric Dupond-Moretti sur France info le vendredi 5 février. Il met en cause une forme de tribunal médiatique et populaire. Il souhaite qu’on laisse la justice faire son travail et estime que “les réseaux sociaux imposent leur loi“.

Le code pénal devrait être transformé, “remis au goût du jour“, selon l’expression du ministre de la Justice. Un numéro vert pour les pédophiles avait été lancé en novembre 2019 dans quelques régions et étendu au territoire national un an plus tard. Le 0 806 23 10 63 est gratuit et confidentiel. Sa vocation “n’est pas la révélation des faits qui sont commis“, il sert en amont du potentiel passage à l’acte, explique Eric Dupond-Moretti.

Sur le débat sur la modification ou non de la durée de prescription des faits, Eric Dupond-Moretti réfléchit avec Adrien Taquet, le secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles. Ils ont reçu une vingtaine de personnes et les consultations devraient être terminées cette semaine selon le ministre de la Justice. En tout cas, il affirme : “La justice doit lancer des enquêtes même quand les faits sont prescrits pour permettre à la victime d’exprimer ce qu’elle a vécu devant l’autorité judiciaire.

“Rappeler les valeurs de la République, c’est plaider pour la liberté

Le garde des Sceaux a été questionné sur le projet de loi contre les séparatismes dont l’examen a débuté en début de semaine à l’Assemblée nationale. Il a précisé que cette loi est faite pour “bien distinguer, notamment, les musulmans – nos concitoyens – des islamistes“.

Il s’oppose clairement à Jean-Luc Mélenchon qui avait fustigé, à l’Assemblée nationale, “une loi inutile et pour le reste dangereuse car elle menace les libertés“. Au contraire, Eric Dupond-Moretti affirme que “rappeler les valeurs de la République, c’est plaider pour la liberté“. Il a dénoncé des propos “inadmissibles” : “Raconter que nous serions contre les musulmans, c’est faire en sorte que des gamins ont envie d’aller chercher la chaleur humaine au sein des islamistes.”

Covid-19 dans les prisons

Eric Dupond-Moretti est revenu sur la situation sanitaire dans les prisons. Il dénombre 123 cas de détenus positifs au coronavirus. Il a dépeint un état stabilisé grâce aux mesures sanitaires et au travail de l’administration pénitentiaire.

Concernant la campagne de vaccination, il a affirmé que “les détenus sont logés à la même enseigne que nos concitoyens“. Selon lui, sur les 204 prisonniers à avoir plus de 75 ans, 43 ont vaccinés.

Camille Granjard