Affaire du “faux Le Drian” : 10 et 14 ans requis contre les usurpateurs d’identité

Gilbert Chikli est accusé, avec Anthony Lasarevitsch, d'avoir usurpé l'identité du ministre Jean-Yves Le Drian pour extorquer 55 millions d'euros. (Photo : capture LCI, images Sept à Huit)

Gilbert Chikli et Anthony Lasarevitsch sont accusés d’avoir usurpé l’identité de l’ex-ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian pour extorquer 55 millions d’euros. Dix et quatorze ans de prison ainsi qu’une amende de deux millions d’euros chacun ont été requis mercredi à l’encontre des deux hommes. 

Afin de se faire passer pour le ministre de la Défense auprès de riches personnalités, entre 2015 et 2017, les malfaiteurs ont utilisé de faux documents. Parfois, un masque du ministre. La procureure Alice Cherif, la vice-procureure du parquet de Paris,  a demandé quatorze ans de prison pour Gilbert Chikli, dix pour Anthony Lasarevitsch. Le tribunal a mis sa décision au délibéré le 11 mars.

Leur mode opératoire était bien rodé : les escrocs contactaient des dirigeants, des chefs d’Etat ou des ONG, demandant une aide financière pour des “opérations secrètes” de l’Etat français. Trois victimes sont tombées dans le piège et ont perdu plus de 55 millions d’euros.

Une première peine en 2015

Alice Cherif, avait déjà requis, en 2015, dix ans de prison à l’encontre de Gilbert Chikli, lors d’un autre procès pour escroquerie. À l’époque, il était en fuite en Israël et avait été condamné, en son absence, à 7 ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende.

Il a été reconnu comme l’inventeur des escroqueries dites au “faux président”, consistant à se faire passer, au téléphone, pour un chef d’entreprise auprès de ses salariés, dans le but de se faire transférer de l’argent. Une histoire qui a inspiré un film.

Dans l’affaire du “faux Le Drian”, cinq autres prévenus, âgés de 27 à 49 ans, étaient aussi jugés pour complicité à différents degrés : la procureure a requis à leur encontre des peines allant d’un à cinq ans de prison ferme, assorties selon les cas de peines avec sursis et d’amendes.

EPJT avec AFP