Incendies en Corse : quarante départs de feu, un millier d’hectares ravagés depuis samedi

Les commandos sapeurs ont davantage l'habitude d'intervenir en Haute-Corse en été comme ici, le 27 juillet 2009. (Stephan Agostini / AFP)

Lundi 25 février à la mi-journée, les pompiers tentaient encore de maîtriser les flammes autour de la commune de Calenzana, proche de Calvi. C’est là que l’incendie le plus violent du week-end s’est déclaré, où près d’une quarantaine de feux ont été recensés, ravageant plus de 1500 hectares de végétation.

En 24 heures, 15 départs de feu ont été enregistrés en Corse-du-Sud et 33 en Haute-Corse. En tout ce sont plus de 1500 hectares de végétation qui ont été détruits par le feu. Pour tenter de circonscrire ces incendies, quatre avions – des Canadair et Tracker – et 150 pompiers au sol restent mobilisés. Pour le moment, aucun blessé n’est à déploré sur l’île.

Si les flammes ne sont pas encore éteintes, la question de l’origine de ces incendies et des responsabilités se pose déjà. Pour la préfète de Corse, Josiane Chevalier, l’écobuage est en grande partie responsable de ces feux. Cette pratique consiste en un débroussaillage par le feu. Des agissements « particulièrement imprudents et irresponsables », dénonce la préfète qui condamne ces habitants qui auraient continué « à brûler tout un tas de chose dimanche encore, alors que personne ne pouvait ignorer les incendies ».

Une conséquence du dérèglement climatique ?

Autre raison avancée par Josiane Chevalier, « le dérèglement climatique” qui “est à l’œuvre ». Dérèglement qui se manifeste par des vents extrêmement forts et un taux d’humidité faible – de l’ordre de 8% – ce qui est « inférieur à ce qu’on peut observer l’été », détaille la préfète. Ce lundi matin, après une deuxième nuit d’incendies, Météo France a placé la Corse en état de vigilance jaune au « vents forts ». Ce vent, qui a soufflé hier soir jusqu’à 90km/h, a facilité la propagation des flammes sur la végétation de l’île.

En Janvier 2018, des incendies avaient déjà fait des dégâts dans le nord de l’île. Cette vague d’incendies avait fait trois blessés et détruit 2 000 hectares de végétation, ainsi qu’une dizaine d’habitations et d’exploitations agricoles.

Marine Jamet, avec AFP