L’inquiétude des lycéens face au nouveau bac

Les lycéens de Terminale vont inaugurer le nouveau grand oral du bac

 Les élèves de Terminale vont découvrir, à la fin de l’année, l’épreuve inédite du grand oral. Enseignants, élèves et parents se questionnent sur cette nouvelle épreuve.

Le grand oral est l’une des quatre épreuves que passeront les élèves à la fin de l’année de Terminale en juin 2021, avec l’épreuve de philosophie et les deux spécialités. Elle compteront, avec les épreuves anticipées de français passées en 1re, pour 60% de la note du bac.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, interrogé jeudi dans 20minutes, “affecter un gros coefficient à cette épreuve, c’est envoyer un message à tout le système scolaire sur l’importance de la prise de parole en public”. Le lycéen effectuera devant un jury de deux profs une présentation de 5 minutes sur une question liée à ses deux spécialités puis ils échangeront durant 10 minutes sur le sujet. Enfin, le candidat expliquera durant 5 minutes “en quoi la question traitée éclaire son projet de poursuite d’études, voire son projet professionnel”.

“Nous ne sommes pas du tout préparés”

“On nous demande d’être seul face à un jury de deux profs durant 20 minutes, c’est un exercice qui fait super peur”, raconte Eliot, 16 ans, en Première dans un lycée parisien. Même avis pour Juliette, lycéenne de 17 ans en Première dans les Yvelines, selon qui “les profs sont eux-mêmes dans le flou sur cette épreuve. Nous ne sommes pas du tout préparés”.

Tous deux ont participé à un stage d’art oratoire payant d’une journée. “Gérer le trac, savoir bien respirer, etc. Il faudrait que ce même entraînement constructif soit dispensé dans chaque lycée et régulièrement”, estime Juliette. Certains pointent les inégalités que soulève l’exercice oral.

“Nous ne sommes pas contre mais on sait pertinemment que c’est une épreuve qui accentue les inégalités sociales. Tout le monde n’a pas la même aptitude à s’exprimer et pour bien préparer les élèves, il nous faudrait un cadre qui n’est ici pas du tout établi”, déplore Sophie Vénétitay du Snes-FSU.

EPJT avec AFP