Nicolas Miguet épinglé par l’Autorité des marchés financiers pour non-divulgation de conflits d’intérêt

L’Autorité des marchés financier a accusé Nicolas Miguet, patron de presse financière, de ne pas avoir déclaré des conflits d’intérêt. Il aurait publié, en 2017, des recommandations d’achat d’actions de sociétés dans lesquelles il détient des titres. Nicolas Miguet réfute cette accusation.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a requis vendredi une sanction d’un million d’euros contre l’homme politique et patron de presse Nicolas Miguet pour non-divulgation de conflits d’intérêts et manipulation de cours.

Elle a estimé que Nicolas Miguet et ses deux sociétés de presse ont manqué à leurs devoirs dans la publication d’une recommandation d’achat sur l’action de la société d’équipements médicaux Mauna Kea Technologies en octobre 2017 et en ont profité pour réaliser une plus-value.

Nicolas Miguet dirige les deux sociétés d’édition Quotidien de Paris Edition (QPE) et Nicolas Miguet Associés (NMA), qui écrivent des articles sur les marchés financiers, dont des recommandations concernant des titres de Bourse, notamment dans le média hebdomadaire La Lettre la Bourse.

Le 24 octobre 2017, La lettre la Bourse publie sur son site internet un article sur l’action Mauna Kea Technologies avec la recommandation “notre conseil : achat fort“, sans mentionner que les sociétés QPE et NMA détiennent des titres et ont donc un intérêt à ce que son cours augmente. L’édition est également envoyée en version papier à ses abonnés, dans laquelle la dernière page mentionne le conflit d’intérêt : la détention d’actions Mauna Kea Tech dans les portefeuilles de QPE et NMA.

Plus value de 160 000 euros

Un second article sur Mauna Kea Technologie est publié le 30 octobre par La Bourse Hebdo qualifiant la société de “pépite”, selon les éléments présentés par la rapporteure. Entre temps, la valeur de l’action a pris près de 60%. Une plus-value totale de 160.000 euros a été dégagée selon le représentant du Collège de l’AMF.

Nicolas Miguet s’est défendu en insistant sur la volonté de QPE de déclarer ses conflits d’intérêt uniquement à ses lecteurs abonnés, ainsi les internautes abonnés auraient eu accès à des mentions légales étoffées de mentions de conflits d’intérêt. Une affirmation qui n’a pas pu être vérifiée par les enquêteurs.