PSG-Real : l’absence de Neymar, un mal pour un bien ?

Le PSG retrouve mardi soir le Real Madrid en 8e de finale retour de la Ligue des champions. Condamnés à l’exploit, les Parisiens devront en plus se passer de leur star brésilienne. Insurmontable ?

30 juillet 2017. Le transfert de Neymar du FC Barcelone vers le Paris Saint-Germain n’est pas encore officialisé (le club parisien l’annoncera par une vidéo quatre jours plus tard) que déjà les langues se délient. Les joueurs d’Unai Emery ne sont pas les seuls à se réjouir. Au Real Madrid, le rival historique des Blaugrana, on ne cache pas sa joie à l’idée de voir le prodige brésilien quitter la Liga. « Pour nous, ça (le départ de Neymar au PSG) enlèverait un problème. (S’il part à Paris ) ça nous ferait un problème de moins parce que, dans les grands matches, il fait la différence. »

Les propos de Sergio Ramos, le capitaine des Merengue, illustrent le poids de Neymar dans un match. Un véritable cauchemar pour les défenses. Et si, ce mardi soir, les Madrilènes se réjouiront sûrement de nouveau de l’absence de l’attaquant brésilien, indisponible plusieurs mois pour cause de blessure, les hommes d’Emery ont eux aussi des raisons de se satisfaire de cette absence du Ney.

Moins de buts sans Neymar

Si l’on s’en tient aux statistiques en championnat, les supporters du club de la capitale peuvent avoir des sueurs froides. Lors des 20 rencontres de Ligue 1 que le Brésilien a disputé, le PSG a marqué 69 fois et Neymar a été impliqué sur près de la moitié de ses buts (32). Avec lui, le PSG tourne à 3,45 buts par match, pour un bilan de 18 victoires, un nul et une défaite. Sans lui, le bilan du PSG est moins bon (5 victoires, un nul et une défaite), avec notamment un revers enregistré face à un des membres du Big Four, à Lyon, lors du seul choc disputé sans sa star auriverde (2-1, le 21 janvier).

Mais surtout, sans Neymar, le club de la capitale marque moins : quinze buts en sept matches, soit une moyenne de 2,1 buts seulement. En moyenne, sans Neymar, le PSG marque donc 1,35 but de moins par match… Mais une autre statistique nuance l’impact de l’ancien Barcelonais dans le jeu parisien : au classement des buteurs, il n’est que deuxième (19 buts), devancé par… Edinson Cavani, qui a déjà marqué 24 buts. Et le troisième membre de la “MCN”, Kylian Mbappé, en a inscrit dix. Preuve que Neymar n’est pas la seule arme offensive du PSG.

Et ceux qui prédisent un nouveau revers face au Real de Zinedine Zidane, après la défaite du match aller, en prétextant une « Neymar dépendance », ils sont invités à regarder les statistiques. Cette saison, la MCD (où Di Maria remplace Neymar) est quasiment aussi prolifique que la MCN : 64 buts avec Di Maria, 77 buts avec Neymar, toutes compétitions confondues. Un trio d’attaque redoutable, d’autant plus si on y ajoute les qualités de passeurs de Mbappé et de Di Maria (15 pour le premier, 10 pour le deuxième), et la forme étincelante de l’Argentin en 2018 (en 14 matches, “le spaghetti” a marqué 13 buts et délivré six passes décisives). Comme trio d’attaque bis, on a vu pire.

Une équipe plus collective

Le PSG sans Neymar, c’est aussi une équipe plus collective. En présence de l’attaquant de la Seleção, Cavani est esseulé, touche peu de ballons, souffrant de sa relation tumultueuse avec le Brésilien, que Mbappé cherche très souvent, au détriment de ses partenaires. On a notamment vu mercredi dernier, en Coupe de France contre l’OM, que sans lui, la formation parisienne est plus équilibrée : Verratti joue plus haut, et apporte davantage au trident offensif, Mbappé et Di Maria peuvent s’appuyer sur la présence d’un avant-centre dans la surface, Cavani, et profiter de ses appels pour percuter et avoir plus d’espace dans l’axe, ce que ne permet le système offensif en présence du Brésilien. Et avec l’arrivée de Dani Alvès, l’été dernier en provenance de la Juventus, le club de la capitale compte une arme supplémentaire de poids, capable de faire très mal à la défense madrilène.

Et si cette saison, Paris n’a jamais joué sans Neymar en Ligue des Champions, les hommes d’Emery ont prouvé que dans les grands rendez-vous, ils peuvent briller sans lui. Lors de la retentissante victoire face au Barça de Messi, Suarez et… Neymar, l’an dernier (4-0), le Brésilien portait le maillot blaugrana. Angel Di Maria avait d’ailleurs inscrit un doublé. Au vu de la forme de l’Argentin, le voir rééditer cette performance face au Real ce soir ne relève pas de l’utopie. De là à imaginer le PSG renverser le Real, double tenant du titre et vainqueur 3-1 à l’aller ? Ça, c’est une autre histoire.

>> La Feuille vous propose de comparer la composition du PSG mardi soir face au Real Madrid avec celle du 14 février 2017, soir de la victoire 4-0 sur Barcelone :

                  Alexandre Mazel