Syrie: Bachar Al-Assad a annoncé une loi d’amnistie pour les déserteurs, selon l’Agence de presse SANA

Mardi 25 janvier 2022, le bureau présidentiel syrien a annoncé une loi d’amnistie pour tous les Syriens ayant fuit le front pendant la guerre civile, d’après l’agence de presse SANA. Selon cette annonce, relayée par la presse turque, ces derniers pourront bénéficier de la loi en se rendant à une branche militaire.

Depuis le déclenchement de la guerre syrienne en 2011, la douzième loi d’amnistie a été annoncée par le régime de Damas. Selon l’agence de presse SANA (agence arabe syrienne informations, agence officielle de la Syrie), les déserteurs syriens seront pardonnés par le régime dans la mesure où ils se rendent dans un établissement militaire du pays. Un délai de trois mois est fixé pour les fugitifs domiciliés en Syrie, quatre pour les réfugiés. Normalement, la peine pour désertion est fixée à cinq ans d’emprisonnement.

Les signaux de cette loi étaient donnés en décembre par les autorités. Lors d’une conférence tenue le 23 décembre 2021, le ministre des collectivités locales et de l’environnement syrien Houssein Mahlouf avait annoncé que le rapatriement des réfugiés syriens faisait parti des priorités du régime. ”Le régime cherche à créer les bonnes conditions afin de rapatrier ses citoyens, nous travaillons sur des projets de loi pour faciliter leur retour“, avait-il précisé.

Fayçal al-Meqdad, le ministre des affaires étrangères syrien avait également multiplié ses appels aux réfugiés pour qu’ils “retournent dans leur patrie“.  ”Les réfugiés n’ont pas besoin d’invitation, car cette patrie est pour tous” avait-il ajouté, soulignant que le gouvernement déploie de grands efforts pour assurer le retour des réfugiés.

”Nous ne retournerons pas en Syrie tant qu’Assad sera au pouvoir”

Cette annonce du gouvernement n’est pour autant pas un soulagement pour tous les réfugiés. Doctorant à l’Université de Gaziantep en Turquie, Mohammed El Sukkeri a critiqué la proposition de loi. ”Nous ne retournerons pas en Syrie tant qu’Assad sera au pouvoir”, a-t-il tweeté. Par ailleurs, dans un article publié sur The Independent, le journaliste turc Ali Kemal Erdem interprète cette loi comme une ”tentative par le régime de gagner en popularité et augmenter ses capacités militaires”.