Un côlon de 12 mètres s’installe Tours à l’occasion du “côlon tour” 2019 pour sensibiliser le public au dépistage d’un cancer encore méconnu et tabou

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La structure gonflable représentant un côlon de 12 mètres de long s'est installée à Lyon le 3 avril 2010. Elle prendra place sur le parvis du centre commercial l'Heure Tranquille à Tours les 1 et 2 mars 2019. Crédit : Jean-Philippe Ksiazek / AFP

Un côlon gonflable de 12 mètres de long sera monté au centre commercial l’Heure Tranquille à Tours. À l’occasion de Mars bleu, mois de sensibilisation du dépistage du cancer colorectal, le centre commercial tourangeau accueillera cet intestin hors norme les 1 et 2 mars prochain.

Chaque année, le cancer du côlon touche près de 45 000 personnes. Ce cancer, encore tabou en France, peut être guéri dans neuf cas sur dix s’il est détecté à son stade précoce. Mars bleu est le mois de sensibilisation du dépistage du cancer colorectal. Pour l’occasion, l’action « côlon tour », initiée par la ligue contre le cancer et ses partenaires, prendra place sur le parvis du centre commercial l’Heure Tranquille de Tours les 1 et 2 mars.Une structure gonflable de 12 mètres de long représentant un côlon sera installée. Guidé par des équipes médicales, le public évolue dans la structure et découvre de façon ludique la composition de cet organe peu populaire. Il faut entrer dans cet étrange tunnel rose pour comprendre le processus d’évolution de la maladie.

D’étranges champignons à portée de main représentent des polypes. Cette tumeur bénigne, si elle n’est pas détectée peut insidieusement se transformer en cancer. Des informations ludiques et pédagogiques sont ainsi délivrées pour mieux appréhender les techniques de dépistages, la maladie et les traitements. Ce cancer représente le troisième cancer le plus fréquent chez l’homme et le deuxième chez la femme. Dans sa précocité, il ne présente aucun symptôme clinique ni douleur, d’où la nécessité de le dépister. Cette pathologie grave tue encore 18 000 personnes par an.

Un cancer tabou

Blandine Lenain, ancienne infirmière chargée de communication au CCDC 37 (centre de coordination des dépistages des cancers), constate une progression encore trop lente du nombre de dépistages dont le taux est de 38 % à Tours. « Nous invitons les personnes âgées de 50 à 74 ans à se faire dépister tous les deux ans avec un test immunologique envoyé par courrier. Les personnes à risque élevé sont directement dirigées vers la coloscopie. Ce cancer touche beaucoup de personnes mais reste peu médiatisé. Nous menons donc des actions de communication régulières, auprès du public, notamment au sein de grandes entreprises, pour lever le tabou », explique Blandine Lenain.

Ce test est à réaliser chez soi, en effectuant un prélèvement de selles et à retourner par courrier. Il affiche un taux de fiabilité de 75 %. Sauf que les selles c’est sale ! Il y a donc une réticence du public à effectuer ce dépistage, notamment chez les hommes qui « face à la possibilité de devoir effectuer une coloscopie préfèrent la politique de l’autruche. Les femmes sont déjà dans un processus de dépistage et de suivi régulier de leur poitrine ou de leur utérus, par exemple, donc elles participent mieux », constate Blandine Lenain. « C’est dommage car les polypes ne dégénèrent pas forcément en cancer. En cas de saignement la coloscopie est indispensable. On peut enlever les lésions et ainsi éviter le pire à condition que ce soit fait à temps », précise-t-elle.

Sensibilisation à grande échelle

Sur Tours, cette action est portée par le CCDC 37 en partenariat avec les gastroentérologues du CHU de Tours et les libéraux, le pôle santé Léonard de Vinci, la clinique de l’alliance de Saint-Cyr-sur-Loire, la caisse primaire d’assurance maladie et la ligue contre le cancer. Au-delà de l’échange et de la sensibilisation, les acteurs médicaux souhaitent surtout amener le grand public a une prise de conscience collective de l’importance du dépistage. Malgré les efforts des acteurs médicaux, « les gens sont un peu sensibilisés mais il reste encore beaucoup à faire », ajoute Blandine Lenain.

La ligue contre le cancer, la fondation Arcad (aide et recherche en cancérologie digestive) et la SFEP (société française d’endoscopie digestive) ont mis en place l’opération « Côlon tour » sur le territoire pour permettre une communication à grande échelle.

Elodie Cerqueira