L’Opéra de Paris interdit le blackface mais renonce à la censure

Le directeur de l’Opéra de Paris, Alexander Neef, a officialisé lundi 8 février certaines des pistes avancées dans le rapport sur la diversité de Pap Ndiaye et Constance Rivière. 

La lutte contre le racisme au sein de l’Opéra de Paris est “nécessaire” selon Alexander Neef, actuel directeur de l’établissement mythique. Il s’est exprimé lundi 8 février lors d’une conférence de presse sur les conclusions du rapport sur la diversité au sein de l’établissement, rendu le même jour par ses deux rapporteurs Pap Ndiaye et Constance Rivière.

Dans un article du HuffPost, on apprend que le directeur de l’institution a évoqué, de manière officielle, “l’arrêt de la pratique très contestable du blackface et du maquillage des rôles stéréotypés sur l’ensemble des productions”. Les yellowface et les brownface sont également bannis, tout comme “le choix de ne plus blanchir la peau des danseurs dans certains ballets”. 

Pas de censure pour autant

Contrairement à ce qu’il avait précédemment déclaré dans un article du Monde au mois de décembre, aucune œuvre ne va disparaître du répertoire, ni mêmes certaines scènes comme les danses ethniques dans “Casse-Noisette”. Alexander Neef a toutefois confirmé la suppression de certains titres problématiques comme “La danse des négrillons” par exemple. Mais il mise surtout sur des efforts de contextualisation des œuvres.

Un refus de censurer pour préserver la liberté de création des artistes. “Nous sommes attachés à l’indépendance de nos metteurs en scène.”, explique-t-il. Il concède néanmoins qu’accueillir plus de diversité au sein de l’Opéra de Paris doit être une priorité pour la célèbre institution.

Le résultat d’un travail de longue haleine

Constance Rivière, secrétaire générale de la Défenseure des droits, et l’historien Pap Ndiaye ont rendu les conclusions de leur rapport, commandé au mois de décembre par l’Opéra, lundi 8 février. Près d’une centaine d’interlocuteurs ont été interrogés dans le cadre de ce travail. Des danseurs, des chanteurs, mais aussi des membres du personnel administratif, ont été entendus. L’objectif de la démarche était d’identifier les discriminations envers les minorités, et de mener une réflexion sur les œuvres du patrimoine et les divers ballets.

Plusieurs pistes, dont l’élargissement du recrutement en travaillant avec les écoles et certains territoires comme en Outre-mer, la valorisation de figures méconnues, et la mise en place d’un comité consultatif sur les problématiques de diversité, ont été retenues.

Mais Alexander Neef reste prudent. Nous ne sommes là “qu’au début d’un processus qui va durer dans les années à venir, rappelle-t-il. Les effets ne seront visibles que d’ici cinq, dix voire quinze ans. Ce n’est pas une question de calendrier mais de culture qu’il faut établir au sein de l’établissement.” a-t-il conclu.