Trains hybrides, rénovation du réseau : le projet de Farandou pour la SNCF

Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a dévoilé ses ambitions pour le réseau ferroviaire français, ce vendredi dans la matinale de RTL. Outre la rénovation des lignes, il souhaite généraliser les trains hybrides et remplacer les trains interrégionaux par des RER dans les métropoles françaises.

“Il faut s’attaquer aux transports, prendre les passagers et les marchandises qui sont sur la route et les mettre sur le train.” L’ambition de Jean-Pierre Farandou, président directeur général de la SNCF, est claire. Invité de la matinale de RTL, il explique vouloir doubler le volume de marchandises et de passagers qui transitent en train, rénover le réseau et améliorer les infrastructures du Sud-Ouest.

Trains hybrides 

Pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, la SNCF va miser sur de nouveaux types de trains. Exit le diesel, le patron du réseau ferroviaire français place les trains à hydrogène comme la solution à l’horizon 2050, pointant les 45% de rails encore non équipés de lignes électriques. Pour l’instant, l’hydrogène est produite grâce au pétrole, “il faut qu’il soit vert” précise-t-il. 

La décarbonation du réseau ferroviaire se place comme objectif principal. L’acte I a permis, insiste-t-il, d’assainir les finances de la SNCF et de clarifier les règles de concurrence. Le second “sera celui de la transition écologique, de l’excellence industrielle et des territoires” explique le PDG, qui précise : “Les transports représentent 31% de l’émission des gaz à effet de serre en France. Une tonne transportée en camion pollue neuf fois plus que le train”. 

Rénovation du réseau

“Le réseau actuel français ne permet pas de doubler les volumes transportés par le train”. Voilà pour constat. Jean-Pierre Farandou souhaite donc “transformer les TER dans les grandes villes de province en RER” et a déjà ciblé “treize métropoles”. Il souhaite également moderniser les petites lignes en mauvais état, et créer pour le fret un “débouché ferroviaire vers l’Europe du nord en partance de Marseille, en passant par la vallée du Rhône” afin de contourner la métropole lyonnaise qui pourra ainsi “écouler beaucoup plus de trafic”. 

Le PDG pointe le retard technologique du réseau français, comparé à celui de l’Allemagne. “Cinq milliards d’euros d’investissement par an, c’est peut-être insuffisant. Les Allemands investissent 86 milliards d’euros, c’est ce qu’il faudrait rassembler pour avoir un réseau ferroviaire à la hauteur des enjeux. C’est un enjeu climatique et industriel, le ferroviaire est vital pour les territoires”, a-t-il martelé. 

Ligne Bordeaux – Toulouse

Concernant la ligne reliant Bordeaux et Toulouse, Jean-Pierre Farandou fixe son objectif : relier enfin le grand sud-ouest autour de Toulouse et l’ensemble des départements du Grand Paris. “Il faudra au même moment améliorer l’accès sud de Bordeaux et nord de Toulouse pour permettre de développer des RER métropolitains. Il ne faut pas opposer la grande vitesse aux transports de la vie quotidienne, ayons l’ambition de faire les deux à la fois.”